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SI LES SENTIERS POUVAIENT PARLER

Pour un nouvel art de vivre le plein air en famille en Outaouais

Cet article fait partie d’une série visant à faire découvrir l’éthique du plein air et les sept principes Sans trace à vous et votre famille. Cette série est une invitation à un nouvel art de vivre le plein air pour mieux préserver la beauté et le caractère sauvage de la nature en Outaouais. C’est aussi l’occasion d’en apprendre plus pour réduire l’impact de vos activités chaque fois que vous sortez à l’extérieur. Parlons des manières de faire attention aux sentiers pour pouvoir les utiliser durablement et les léguer en bon état aux prochaines générations.

Fréquenter les bois, les montagnes, les lacs et les rivières m’est devenu essentiel. Je tente de m’y faire aussi discrète que possible pour que la nature continue de s’épanouir et de prospérer en paix. Aller par les chemins aménagés par les gestionnaires de parcs ou de sentiers est ma seule et unique façon de voyager en milieu naturel. Je sais bien que ces sentiers ont un impact sur leur environnement. Néanmoins, ils sont une solution nécessaire pour que les adeptes de plein air concentrent leurs déplacements sur les sentiers. On réduit ainsi la possibilité que de nouvelles pistes se forment et qu’elles laissent trop de cicatrices dans le paysage. Sans parler de la flore et de la faune qui ont besoin d’évoluer dans des écosystèmes minimalement dérangés par le passage des marcheuses et des marcheurs. Le principe Sans trace intitulé « Utiliser les surfaces durables » m’a convaincue qu’il vaut mieux utiliser des sentiers bien conçus plutôt que plusieurs chemins inadéquats.

En observant les gens s’adonner à leurs activités préférées, on découvre que certains de leurs comportements compromettent les efforts des organismes de gestion des parcs ou des sentiers. Prenons, par exemple, le cas des raccourcis à travers les sentiers en lacets, je parle de ceux qui montent en zigzag sur les pentes. Il suffit que quelques personnes ouvrent un nouveau passage pour que d’autres suivent leurs traces. La végétation ne va pas survivre à ces piétinements répétés et éventuellement les sols se compacteront et les racines des arbres cesseront de croître. Ce ne sera pas long avant que ce passage ait l’allure d’un sentier au point qu’il soit même difficile de faire la différence avec un sentier officiel.

Un raccourci par-ci, un autre par-là, et encore un autre par là-bas : au bout du compte, c’est tout un nouveau réseau de sentiers informels qui se déploie. Récemment, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec Benjamin Hiard qui est agent de programme au parc de la Gatineau. Il m’a appris que plus de la moitié des 540 kilomètres de sentiers du parc se sont développés de manière informelle au fil des ans et « qu’ils ont un impact environnemental important sur les habitats fragiles de ce parc de conservation ». C’est pourquoi le parc a entrepris des travaux pour intégrer environ 100 kilomètres de sentiers non officiels au réseau officiel, en plus de restaurer et de fermer environ 200 autres kilomètres des sentiers non officiels.

À gauche, un sentier restauré. L’entrée a été camouflée, puis nous avons planté des arbres pour accélérer le processus de restauration.

Photo reproduite avec l’aimable permission du parc de la Gatineau

Sur les sentiers, rappelez-vous ces balises Sans trace :

  • Limiter les activités aux sentiers officiels;
  • Respecter le balisage et la signalisation;
  • Éviter de prendre des raccourcis;
  • Marcher à la file au milieu du sentier, même s’il est boueux ou mouillé.

Les pieds dans la boue

Je pense que l’étoffe des vrais adeptes de plein air se mesure un peu à la gadoue sur leurs chaussures. Ils se déplacent en restant toujours au milieu du sentier et ils évitent de contourner les fondrières et les flaques d’eau. Toutefois, à la fonte printanière, ou lors de précipitations importantes, ces randonneuses et randonneurs avertis savent qu’il faut respecter les avis de fermeture des sentiers pour ne pas les abîmer.

Pour attaquer la gadoue, je vous conseille d’enfiler des chaussures ou des bottes munies d’une semelle antidérapante. Deuxio, voici trois pièces d’équipement que vous ne regretterez pas d’avoir apportées :

  • Des bâtons de marche pour maintenir votre équilibre: La boue, c’est glissant. De plus, vous risquez de perdre pied à cause des pierres et des racines dont vous ne vous méfiez pas. Ajustez vos bâtons à la bonne hauteur.
  • Des guêtres pour garder vos pieds au sec: Attachez-les pour qu’elles couvrent le dessus de vos chaussures ou de vos bottes. Les guêtres les plus hautes feront l’affaire en toute saison.
  • Une brosse pour enlever la boue de vos chaussures et de vos vêtements: Procurez-vous une petite brosse avec des poils rigides en quincaillerie ou au rayon du matériel d’escalade dans un magasin de plein air (on s’en sert pour brosser la craie de magnésie sur les roches).

De nouvelles habitudes

Jouir de bienfaits de la nature, quand on est si nombreux à la fréquenter, nécessite pas mal d’ajustements pour tout le monde. En effet, l’engouement de la population québécoise pour la fréquentation des sentiers a obligé nombre d’organismes de gestion des parcs et des sentiers à modifier les règles d’accès au territoire. Des gestionnaires ont également revu à la baisse le nombre de cases de stationnement afin de mieux contrôler le nombre de personnes sur les sentiers. L’achat d’un laissez-passer en ligne peut même être requis à certains endroits. Ailleurs, des frais d’accès sont rendus obligatoires.

Les adeptes de plein air ont l’habitude de composer avec la surprise et la nouveauté. En fait, c’est l’essence même de l’expérience qu’ils recherchent souvent en s’aventurant sur les sentiers. Si vous vous chauffez du même bois, vous entretenez sûrement la même prédisposition à changer assez facilement d’habitude. Planifiez votre sortie en l’adaptant aux nouvelles règles. La page Web de l’organisme de gestion du parc ou du sentier, ou de la municipalité, est assurément votre source informative la plus fiable. Ces pages sont généralement mises à jour pour tenir compte des conditions des sentiers, des restrictions d’accès et des mesures environnementales et sanitaires. Vous ne comprenez pas un changement qui s’applique à votre sentier préféré? Vous manquez de renseignements au sujet de votre nouvelle destination? N’hésitez surtout pas à communiquer directement avec le personnel ou les bénévoles responsables.

Informations à connaître avant de partir :

  • Quelles sont les heures d’ouverture et les activités permises selon la saison et l’état des sentiers?
  • Quels sont les services disponibles (toilette, eau potable, patrouille, etc.)?
  • Est-ce que je dois me procurer un laissez-passer en ligne ou détenir un abonnement pour utiliser les sentiers?
  • Quels sont les moments à éviter si je veux programmer mon activité en dehors des périodes de grande affluence?
  • Quels sont les moyens de transport collectif pour me rendre à proximité des sentiers?
  • À quel endroit puis-je stationner mon véhicule? Quelles sont les règles qui s’appliquent?
  • Comment puis-je obtenir la carte topographique des sentiers?
  • Quelles sont les mesures sanitaires en vigueur (prévention de la COVID-19, avis d’ébullition de l’eau, etc.) ?
  • Quelles sont les mesures environnementales en vigueur (interdiction de feux à ciel ouvert, prévention de la propagation d’espèces exotiques envahissantes, etc.)

Planifier votre itinéraire

Votre carte topographique vous servira à planifier votre itinéraire selon les objectifs, les capacités, le niveau d’expérience et de préparation de chaque membre de votre famille.

  • Tenez compte du sens dans lequel le sentier doit être effectué.
  • Informez-vous des priorités de passage si vous empruntez un sentier partagé avec des cyclistes, des randonneurs à cheval, ou des pratiquants de sports motorisés.
  • Assurez-vous d’avoir une copie imprimée et à jour de cette carte pour vous orienter sur le terrain.
  • Mettez votre carte à l’abri des intempéries dans un sac transparent étanche que vous conserverez à la portée de la main durant votre sortie.

Bénévolat en sentier

Si les sentiers pouvaient parler, je crois que nous aurions une meilleure idée des efforts bénévoles qui rendent possible la fréquentation d’un réseau de sentiers diversifiés et sécuritaires en Outaouais. L’aménagement et l’entretien de sentiers requièrent une bonne dose de labeur, mais quelle récompense !

Informez-vous au sujet du programme de bénévolat existant et ouvert aux familles auprès de l’organisme de gestion du parc ou du sentier que vous affectionnez, ou par ici:

Avant / Après – Travail d’enrochement sur une section de sentier régulièrement inondée.

Photo reproduite avec l’aimable permission du parc de la Gatineau

 

Danielle Landry a fondé et dirige De ville en forêt dans le but de perfectionner le savoir-faire québécois en matière d’éducation des publics au plein air responsable et durable. Elle a contribué à la publication du guide d’activités « L’éthique du plein air et les sept principes Sans trace » aux Éditions Rando Québec en 2019. Elle collabore fièrement avec Loisir sport Outaouais au déploiement du programme Sans trace dans la région.

Sources pour aller plus loin : 

DeVilleEnForet.com

SansTrace.ca

Nouvel art de vivre le plein air en famille en Outaouais | Une série d’articles portant sur l’éthique du plein air et les sept principes Sans trace

Initiation à l’éthique du plein air

Un feu de camp écolo ?

Une boisson chaude pour votre prochaine sortie ?

Câlin d’arbre en temps de coronavirus

Toilette en plein air

Respect pour les animaux sauvages