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RESPECT POUR LES ANIMAUX SAUVAGES

Pour un nouvel art de vivre le plein air en famille en Outaouais

Cet article fait partie d’une série visant à faire découvrir l’éthique du plein air et les sept principes Sans trace à vous et votre famille. Cette série est une invitation à un nouvel art de vivre le plein air pour mieux préserver la beauté et le caractère sauvage de la nature en Outaouais. C’est aussi l’occasion d’en apprendre plus pour réduire l’impact de vos activités chaque fois que vous sortez à l’extérieur.

L’observation des animaux est une source de joie intarissable. Voyons comment créer de bonnes conditions pour garder la faune à son état sauvage selon le principe Sans trace no 6 « Respecter la vie sauvage ».

Reconnaître les besoins des animaux

L’Outaouais compte l’une des plus grandes réserves naturelles privées en Amérique du Nord, Kenauk Nature, à Montebello. L’organisme Conservation de la nature Canada y a répertorié plus de 70 espèces rares. J’ai appris que ses forêts profondes abritaient des ours noirs et que certains arboraient un pelage de couleur cannelle. Selon Kenauk, ces ours exceptionnels auraient représenté jusqu’à 25% de la population des ours sur son territoire alors qu’ils comptaient à peine pour 1 % des ours du Québec.

Le fonctionnement de la nature est complexe, il est donc difficile de savoir pourquoi il est quasi impossible de nos jours d’observer ces magnifiques ours blonds à Kenauk. Mais ce qu’on sait, en revanche, c’est qu’aucun animal sauvage ne peut continuer à vivre normalement et à se reproduire s’il n’a pas l’espace, la tranquillité, l’eau et la nourriture dont il a besoin.

Maintenir la bonne distance

Connaissez-vous la règle du pouce? C’est une méthode toute simple servant à évaluer la distance minimale à respecter en présence d’un animal. Levez le bras devant vous, fermez un œil, serrez le poing et levez le pouce en l’air. Puis, reculez jusqu’à ce que la forme de votre pouce cache complètement le corps de l’animal. Plus la taille de l’animal est imposante et plus vous devrez vous éloigner pour lui laisser le champ libre.

Restez à l’affût de tout changement de comportement pour savoir si vous devez rebrousser chemin ou faire un grand détour. Un animal signale que vous représentez une menace pour lui ou pour ses petits si son poil est dressé sur le corps, que ses oreilles sont couchées vers l’arrière, qu’il montre des signes de nervosité ou qu’il interrompt ses activités. Ne le forcez pas à s’enfuir, quittez calmement les lieux.

Je vous conseille de vous informer à l’avance auprès des personnes responsables du site de plein air que vous souhaitez visiter pour planifier votre activité en dehors des périodes et des habitats critiques pour la reproduction, tels qu’au printemps ou à l’emplacement des nids et des tanières. Demandez-leur de vous indiquer la présence de grands mammifères dans la zone, de même que le comportement à adopter en cas de signes anormaux d’agressivité.

Préserver la tranquillité des animaux

Pour augmenter vos chances d’observer la faune dans son habitat naturel, respectez la quiétude des lieux en vous déplaçant lentement et en petits groupes d’au plus six personnes. Laissez les sons de la nature dominer tous les autres en parlant à voix basse et en éteignant vos appareils électroniques. Pratiquez l’art du camouflage en portant des vêtements aux couleurs sobres et en ne mettant pas de parfum. Si vous utilisez un chasse-moustiques, assurez-vous qu’il soit inodore.

Laisser le site à son état d’origine est aussi important pour ne pas déranger l’habitat des animaux sauvages. Les feuilles, le bois, les pierres servent d’abris. En les déplaçant, vous risquez de forcer des animaux à aller ailleurs pour se protéger des prédateurs et des rigueurs du climat, pour se nourrir, mettre bas ou élever leurs petits.

En hiver, assurez-vous que la couche de neige soit d’une épaisseur de 25 cm ou plus. Vous pourrez ainsi vous aventurer sans trop craindre de déranger les animaux dans leurs abris. Éloignez-vous des endroits marqués par les empreintes d’un animal, pour sa quiétude autant que la vôtre. Un ours, par exemple, passe la majorité du temps à dormir dans sa tanière, mais pourrait sortir de sa cachette en raison d’un grand bruit. La femelle qui accouche de ses petits au cours de l’hiver a des réflexes défensifs redoutables qui pourraient l’entraîner en votre direction.

Les visites dans les bois sont souvent l’occasion de jeux dont les parents ne veulent pas priver leurs enfants. Votre famille pourrait en profiter pour décider de limiter le dérangement imposé à la faune. Restez sur les sentiers et minimisez la quantité de branches ou de roches déplacées. Avant de quitter les lieux, démantelez la petite sculpture de pierres ou la modeste cabane de bois que vous avez construite, et remettez les objets de la nature à leur place. Effacez les traces de votre passage en recouvrant le sol d’une couche de feuilles et de brindilles.

Les personnes responsables du site de plein air pourront vous indiquer les aires de protection d’espèces végétales ou animales dans lesquelles les activités d’observation ou de plein air sont limitées ou carrément interdites. Elles pourront aussi vous dire s’il est permis de sortir des sentiers et des aires aménagées pour vos activités en famille. Renseignez-vous à l’avance et respectez l’affichage.

Laisser les animaux s’alimenter par eux-mêmes

La tentation est forte de s’approcher de trop près des animaux ou de les amadouer avec de la nourriture lorsqu’on souhaite les observer. Conserver la peur des humains et chercher leur propre nourriture sont des garanties de longévité pour la faune. Les animaux nourris par les humains perdent leur aptitude à survivre dans des conditions difficiles et ne peuvent plus l’enseigner à leurs petits. Ils risquent de se faire blesser ou tuer sur les routes ou par des prédateurs en s’éloignant de leur habitat pour trouver cette nourriture dont ils sont devenus dépendants.

Abstenez-vous d’offrir de la nourriture aux animaux. Même si c’est en petites quantités à la fois, rappelez-vous que les animaux en mangent déjà beaucoup en raison du grand nombre de personnes qui les nourrissent en pensant bien faire. Les restes alimentaires qui débordent des poubelles sont également consommés en abondance par les animaux.

Les hivers sont rudes en Outaouais. Par conséquent, les animaux doivent déployer beaucoup d’efforts pour se protéger du froid et se déplacer sur de longues distances dans la neige. Leur nourriture habituelle est moins abondante, mais les animaux sont très bien adaptés aux conditions hivernales. Gardez-vous bien de les nourrir et même à votre insu. Conservez votre lunch à l’intérieur de votre sac et ayez votre collation à l’œil en tout temps pour éviter qu’un animal s’en empare.

Activer le pouvoir des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux servent à partager des moments d’émerveillement. Les observations d’animaux occupent une place de choix dans les sujets des publications. Selon le Fonds mondial pour la nature, le Canada compte maintenant des centaines d’espèces sauvages en péril. Encouragez votre entourage à adopter un comportement empreint de respect envers la vie sauvage. Partagez vos histoires en publiant des contenus et des images qui reflètent un comportement responsable. Et si jamais vous avez le bonheur de rencontrer un ours blond sur votre passage, on vous sera reconnaissant de ne pas donner rendez-vous à tous vos amis pour l’observer.

 

Danielle Landry a fondé et dirige De ville en forêt dans le but de perfectionner le savoir-faire québécois en matière d’éducation des publics au plein air responsable et durable. Elle a contribué à la publication du guide d’activités « L’éthique du plein air et les sept principes Sans trace » aux Éditions Rando Québec en 2019. Elle collabore fièrement avec Loisir sport Outaouais au déploiement du programme Sans trace dans la région.

Sources pour aller plus loin : 

DeVilleEnForet.com

SansTrace.ca

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