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TOILETTE EN PLEIN AIR

Pour un nouvel art de vivre le plein air en famille en Outaouais

Cet article est le quatrième d’une série visant à vous faire découvrir l’éthique du plein air et les sept principes Sans trace. Je souhaite vous aider à réduire l’impact de vos activités sur les écosystèmes et les habitats afin de protéger la beauté et le caractère sauvage de la nature. Aujourd’hui, abordons le délicat et néanmoins incontournable sujet du « caca en plein air ».

Autonomie en plein air

D’aussi loin que je me rappelle, mon père m’appelait affectueusement son Jos Lutin.  Ses matins de randonnée, voulant me consoler, Papa faisait semblant de me glisser dans la petite poche de son chandail pour que je puisse l’accompagner en forêt. Ses longs préparatifs et le sac lourd dont il se chargeait avaient fini par me convaincre qu’il ne fallait surtout pas prendre les dangers des bois à la légère et qu’il valait mieux en effet que je reste à l’abri, blottie contre sa poitrine.

Quand j’ai été capable de faire des enjambées assez grandes pour le suivre, vint enfin mon tour de préparer mon sac à dos et de prévoir toute éventualité. Au gré de l’expérience, j’ai vite compris que mon confort et ma sécurité étaient entre mes mains et je devais m’assurer d’emporter avec moi le matériel nécessaire pour répondre à mes besoins par moi-même.

Réduire l’impact des déchets humains

Mon père ne m’avait pas appris à me préparer à laisser le moins de traces possible de notre passage. Aussi, nos sacs ne comprenaient pas ce dont nous aurions eu besoin pour gérer adéquatement nos déchets humains. Aujourd’hui, on reconnaît la nécessité de protéger les autres humains, la faune et les ressources en eau des pathogènes contenus dans les excréments humains. Et les lingettes, les bouts de papier de toilette et les mouchoirs de papier souillés n’ont plus leur place aux abords des sentiers, des plages ou des berges, ou encore des aires de pique-nique, de camping ou de stationnement.

Des toilettes et des poubelles sont souvent aménagées dans nos parcs et nos espaces verts, et elles servent abondamment. Toutefois, on ne les trouve pas aussi fréquemment lorsqu’on pénètre plus profondément dans l’arrière-pays. De plus, si les adultes peuvent plus facilement attendre de trouver une toilette sur leur chemin, pour les enfants, cela peut devenir mission impossible.

Alors, le plus sûr est de se munir d’une petite truelle, de désinfectant ou de savon biodégradable ou biologique pour les mains, et, idéalement, d’un sac ou d’un contenant réutilisable pour rapporter lingettes, bouts de papier de toilette ou mouchoirs de papier utilisés. Une truelle de jardin ou une truelle achetée au rayon plein air de votre magasin préféré fera l’affaire. À plus ou moins 250 grammes pour le modèle de truelle le plus léger trouvé en magasin, vous conviendrez que ce n’est pas une grosse charge supplémentaire à transporter.

Trou sanitaire

Les sept principes Sans trace donnent un sérieux coup de main aux familles soucieuses d’adopter une bonne technique d’enfouissement des déjections humaines. Si vous n’avez pas repéré de toilette aménagée sur la carte du site que vous visitez, voici un mode d’emploi pour le trou sanitaire à la portée de tout le monde :

  • S’éloigner d’une distance de 70 m (80 pas d’adulte ou 90 à 110 pas d’enfant) de toute source d’eau, d’un sentier ou d’une aire fréquentée par des humains. Repérer un emplacement recevant une part d’ensoleillement et dont le sol est riche en humus (conditions pour accélérer la décomposition des excréments).
  • À l’aide de la truelle, retirer d’abord la couche de feuilles séchées, de cônes de conifères, d’aiguilles et de débris de bois qui se trouve à la surface du sol. Creuser ensuite un trou à une profondeur de 15 à 20 cm.
  • Enfouir les excréments dans le trou sanitaire. En se servant d’un petit bâton, et non de sa truelle, bien mélanger les déchets avec le sol organique.
  • Laisser le bâton souillé dans le trou. Remblayer et camoufler le trou en replaçant la couche de litière qui a été repoussée sur le côté. Ramener l’emplacement à son état d’origine.
  • Rapporter idéalement les bouts de papier de toilette ou les mouchoirs de papier utilisés dans un sac ou un contenant hermétiquement fermé. Sinon, les déposer dans le trou avant de le remblayer. Rapporter les lingettes, les couches jetables, les produits d’hygiène féminine et les préservatifs qui prennent plusieurs centaines d’années à se dégrader tout en laissant des résidus chimiques dans l’environnement.
  • Prendre bien soin de se savonner les mains ou d’utiliser un désinfectant une fois l’opération terminée, et de nouveau avant de manger. 

Jamais dans le sable

Un trou sanitaire ne se creuse jamais dans un sol minéral comme celui des plages ou des montagnes aux sommets dénudés. Le sable ou le gravier ne contiennent pas les micro-organismes essentiels à la décomposition des excréments. Renseignez-vous à l’avance auprès des gestionnaires quant à la réglementation en vigueur et aux précautions à prendre pour rapporter vos excréments si vous pratiquez une activité sur l’eau ou en montagne.

Déchets humains en hiver

Les pathogènes contenus dans les selles vont survivre à l’hiver et les humains et les animaux s’y retrouveront exposés une fois la neige fondue. C’est pourquoi, en hiver, il vaut mieux rapporter les déchets humains dans un sac ou un contenant hermétique et les jeter à la poubelle de retour à la maison. Vous pourrez compter sur le froid ambiant pour contrôler les odeurs. Si vous désirez prendre plus de précautions, ajoutez une poignée de litière biodégradable (par exemple, litière pour les chats faite de copeaux de bois) ou de bicarbonate de soude au contenu malodorant.

 

Danielle Landry a fondé et dirige De ville en forêt dans le but d’appuyer le développement du savoir-faire québécois en matière d’éducation des publics à la fréquentation responsable et durable des aires naturelles. Elle a contribué à la publication du guide d’activités « L’éthique du plein air et les sept principes Sans trace » aux Éditions Rando Québec en 2019. Elle collabore fièrement avec Loisir Sport Outaouais au déploiement du programme Sans trace dans la région.

DeVilleEnForet.com

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